- Le texte
- Article L. 223-1 du code de la consommation, réécrit par l'article 13 de la loi n° 2025-594 du 30 juin 2025.
- En vigueur
- Depuis le 11 août 2026. Le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 en fixe les modalités.
- Ce qui est interdit
- Démarcher par téléphone un particulier qui n'a pas donné son accord au préalable.
- L'accord
- Il nomme le professionnel qui appellera, vaut un an au plus, et c'est au professionnel d'en apporter la preuve.
- Les sanctions
- Jusqu'à 75 000 € d'amende pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. Le contrat conclu à la suite d'un appel illicite est nul.
Ce que dit le texte
« Il est interdit de démarcher par téléphone, directement ou par l'intermédiaire d'un tiers agissant pour son compte, un consommateur qui n'a pas exprimé préalablement son consentement à faire l'objet de prospections commerciales par ce moyen. »
Le même article définit le consentement : une volonté libre, spécifique, éclairée, univoque et révocable, exprimée par un acte positif clair. La preuve de cet accord incombe au professionnel.
Le texte protège les consommateurs, c'est-à-dire les particuliers qui agissent en dehors de leur activité professionnelle. Il ne s'applique pas quand l'appel s'inscrit dans l'exécution d'un contrat en cours et porte sur son objet. Un ancien client sans contrat en cours n'entre pas dans cette exception.
Bloctel, la liste d'opposition au démarchage, a fermé le 11 août 2026. Il n'y a plus de liste à consulter : l'accord préalable est devenu la règle.
Et la pige, concrètement ?
La loi ne nomme pas la pige. Elle n'interdit pas de suivre les annonces de particuliers : elle encadre l'appel.
Or un numéro publié dans une annonce ne remplit aucune des conditions de l'accord. Il ne nomme aucun professionnel, ne fixe aucune durée et ne résulte d'aucune acceptation. Dès 2020, la CNIL écrivait qu'un particulier qui dépose une annonce « ne s'attend raisonnablement pas à être prospecté par un professionnel ».
L'appel à froid du vendeur d'annonce tombe donc sous l'interdiction. L'administration précise aussi qu'on ne peut pas appeler une personne pour lui demander son accord. La collecte des coordonnées reste, de son côté, soumise au RGPD et aux conditions d'utilisation des sites d'annonces.
Canal par canal
Ce qui s'applique aujourd'hui quand une agence veut joindre un particulier.
- Téléphone
- Accord préalable obligatoire depuis le 11 août 2026, sauf contrat en cours. Appels du lundi au vendredi hors jours fériés, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h, quatre tentatives au plus sur trente jours.
- SMS et email
- Accord préalable déjà exigé par l'article L. 34-5 du code des postes et des communications électroniques, sauf pour un client existant et des services analogues.
- Courrier postal
- Pas d'accord préalable. La personne doit être informée et pouvoir s'opposer à de nouveaux envois, simplement et gratuitement.
- Porte-à-porte
- Hors du champ de l'article L. 223-1. Les règles du démarchage à domicile s'appliquent, dont un délai de rétractation de 14 jours sur le contrat signé.
- Propriétaire qui a accepté d'être rappelé
- Appel possible par le professionnel nommé, pendant la durée de l'accord et dans les horaires autorisés.
Pendant l'appel, le professionnel indique dès le début son identité et la nature commerciale de l'appel. Si la personne s'y oppose, il met fin à la conversation et ne la rappelle plus.
Ce que doit contenir un accord valable
Le décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 détaille la demande d'accord. Elle doit indiquer :
- l'identité du professionnel qui appellera, celle du tiers qui recueille l'accord pour son compte le cas échéant, et l'objet des appels ;
- une proposition claire d'accepter ou de refuser ;
- la durée de l'accord, qui ne peut pas dépasser un an et ne se renouvelle pas tacitement ;
- la possibilité de le retirer à tout moment, et la manière de le faire ;
- la possibilité d'obtenir, sur simple demande, la preuve de cet accord.
La date et l'heure de l'accord sont archivées et conservées trois ans. Le retrait peut se faire oralement et ne doit pas être plus compliqué que l'acceptation. Une mention prérédigée ou la simple poursuite de la navigation ne valent pas accord.
Ce que risque une agence
Chaque manquement expose à une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale (article L. 242-16 du code de la consommation).
Tout contrat conclu avec un consommateur à la suite d'un démarchage téléphonique illicite est nul. Pour une agence, cela peut viser le mandat signé après l'appel.
Enfin, le professionnel qui a tiré profit d'appels illicites est présumé responsable, sauf s'il démontre qu'il n'en est pas à l'origine.
Où se situent les leads Elucidd
Nos leads partent d'une démarche du propriétaire. Il voit une de nos publicités sur votre secteur, remplit l'estimateur jusqu'au bout et donne son accord pour être rappelé par votre agence, nommée dans le formulaire.
Votre appel répond donc à sa demande. Les règles d'appel restent à respecter : horaires, nombre de tentatives, arrêt si la personne s'y oppose. La prospection que l'agence mène par ailleurs reste sous sa propre responsabilité.
Sources
- Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025, article 13
- Code de la consommation, article L. 223-1 (version au 11 août 2026)
- Décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026
- Code de la consommation, article D. 223-9 : jours, horaires et fréquence des appels
- Code de la consommation, article L. 221-16 : identité et opposition en cours d'appel
- Code de la consommation, article L. 242-16 : amendes administratives
- Code des postes et des communications électroniques, article L. 34-5
- CNIL : la réutilisation des données publiquement accessibles à des fins de démarchage (2020)
- CNIL : la prospection par courrier électronique, SMS et automate d'appel
- CNIL : la prospection par courrier postal
- Service-public : démarchage téléphonique, les nouvelles règles
- Service-public Entreprendre : démarchage à domicile
- DEETS de La Réunion : le consentement devient la règle (7 août 2026)
Page mise à jour le 14 septembre 2026. Ces informations sont données à titre indicatif et ne remplacent pas un conseil juridique adapté à votre situation.